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LE FINANCEMENT DU TERRORISME EN AFRIQUE CENTRALE

L’Afrique Centrale est l’une des sous-régions les plus instables du continent depuis les indépendances. Cependant, malgré la présence de la Lord Resistance Army (LRA) à l’Est de la RCA depuis 2008, les pays sont restés relativement peu touchés par le terrorisme tel que perçu aujourd’hui. Cette donne a changé depuis l’irruption de Boko Haram sur la scène stratégique du Bassin du Lac Tchad.

Les attaques meurtrières de cette organisation listée comme terroriste en 2014 concernent directement le Cameroun et le Tchad avec des risques potentiels d’infiltration en RCA. D’où cet exercice de typologie élargi à l’analyse du contexte, pour davantage cerner l’extension des activités terroristes en Afrique Centrale d’une part et d’autre part appréhender les mécanismes de financement du terrorisme.

Les données exploitées pour y parvenir révèlent que le phénomène doit être analysé dans une perspective holistique, en l’occurrence transfrontalière. D’où l’intérêt d’une approche sous-régionale à l’échelle des pays concernés, valable aussi bien pour l’intelligence des fondements, acteurs, actions et incidences du terrorisme que pour la mise en évidence des risques, tendances et méthodes de son financement. Les modèles économiques et sociaux locaux, essentiellement transfrontaliers, ainsi que le contexte sociopolitique, offrent aux organisations terroristes les moyens de réseautage, de recrutement et d’autosuffisance.

Il est apparu que la plus grande menace terroriste actuelle dans la sous-région vient de l’extrémisme religieux que distille Boko Haram, profitant des problèmes socioéconomiques auxquels les jeunes sont confrontés et des retards importants qu’accusent la scolarisation et la formation professionnelle dans les zones frontalières particulièrement.

Boko Haram a tiré parti de la porosité des frontières, de la connaissance du terrain et des interactions économiques, culturelles et sociales existantes pour recruter parmi des catégories sociales réceptives à son discours religieux et aux perspectives de gain facile qu’offrait la rentabilisation du désordre qu’il venait de créer. Il s’est aussi avéré que d’autres catégories d’opérateurs y ont vu une opportunité d’affaires, notamment à travers les otages et les approvisionnements divers fournis à l’organisation terroriste contre des paiements alléchants.

Quant à la LRA, elle profite de la longue instabilité dans les zones de contact entre l’Afrique Centrale et l’Afrique Orientale pour transmigrer aux confins des Etats, menant des incursions en RCA. Mais, peu d’informations sont disponibles sur les mécanismes concrets de son financement.
S’agissant du financement du terrorisme, il apparait clairement que si les organisations terroristes reçoivent des fonds extérieurs, ils produisent davantage leurs ressources. D’autres groupes terroristes étrangers collectent des fonds dans la sous-région.

Onze typologies de financement avéré du terrorisme en Afrique Centrale ont été répertoriées:

Typologie1 : L’utilisation abusive des organismes à but non lucratif : Ces cas donnent une idée de la variété des formes d’abus auxquels les terroristes et leurs financiers soumettent des organisations conçues généralement pour atténuer les difficultés auxquelles les couches vulnérables de la société sont confrontées.

Typologie 2 : l’utilisation abusive des sociétés de transfert de fonds : La messagerie financière constitue jusqu’à ce jour l’un des maillons faibles des dispositifs internationaux de lutte contre le financement du terrorisme, parce qu’elle permet aux acteurs non connus des établissements financiers (clients occasionnels) de déplacer aisément des fonds partout dans le monde. Comme avec les OBNL, le transfert d’argent à des personnes retournées, déplacées internes et réfugiées hors camp peut comporter des risques de financement du terrorisme. Quelques indications dans ce sens transparaissent des données fournies par les services de sécurité qui montrent la convergence d’envois de petites sommes d’argent à partir du Nigeria vers des personnes anodines dans l’Extrême-Nord du Cameroun.

Typologie 3 : l’utilisation abusive d’établissements financiers : Les opérations de change manuel constituent l’une des principales vulnérabilités en matière de financement du terrorisme, du fait notamment de l’utilisation des devises dans les transactions commerciales internationales (achat des armes) et de la facilité à déplacer des sommes importantes dans des volumes très réduits (utilisation des coupures de 500 euros). Notamment, dans ces zones où les transactions économiques avec le voisinage immédiat des périmètres des conflits et les zones d’approvisionnement en marchandises diverses, prennent rapidement de l’ampleur.

Typologie 4 : les trafics illicites : Cette typologie est essentielle à la compréhension des spécificités du terrorisme et de son financement dans le bassin tchadien, car elle est au cœur de la relation entre traditions économiques et pratiques criminelles. En outre, elle interpelle les Etats sur un meilleur encadrement des échanges transfrontaliers avec l’implication de services qui ne sont pas souvent associés à la lutte contre le financement du terrorisme.

Typologie 5 : le financement par des opérateurs économiques : Tout comme le cas sur le change manuel, ceux-ci donnent une idée de l’ambiguïté que pourraient recouvrir les activités des opérateurs économiques, en l’occurrence dans les zones frontalières. Le faible contrôle des véhicules et la multiplicité des routes de contrebande facilitent le trafic des armes qui, en l’occurrence, sont livrées en petites quantités à BOKO HARAM par l’entremise des opérateurs illégaux du secteur du transport transfrontalier.

Typologie 6 : la collecte et la remise de fonds : cette typologie pose la problématique de la circulation des espèces dans la zone d’étude. Malgré les risques encourus du fait de l’insécurité due à la fréquence des attaques à main armée, les opérateurs économiques ont continué à transporter des sommes importantes d’argent. Le fait que ces sommes soient souvent conservées à domicile, ne permet pas de tracer leur origine, leur volume ni de suivre les mouvements des porteurs. Ce sont des fouilles fortuites, systématisées à cause de BOKO HARAM, qui amènent à découvrir des caches d’argent dans les marchandises, tout comme c’est le cas avec les armes et les munitions.

Typologie 7 : l’extorsion de fonds : les cas répertoriés révèlent la continuité entre les méthodes du grand banditisme et celles qu’adoptent le terrorisme. Entre la période des coupeurs de route et celle de l’émergence du terrorisme en Afrique Centrale, il y a eu près d’une décennie de prospérité des kidnappings avec paiement des rançons. Malgré eux, les parents participent au financement du crime organisé et au financement de BOKO HARAM. Ceci est valable pour des chefs de communautés et de familles qui, entre se plier aux exigences de BOKO HARAM et s’enfuir, ont vécu un dilemme, choisissant l’une ou l’autre option. Les sources judiciaires et sécuritaires camerounaises et tchadiennes ont relevé cet embarras à pencher pour l’instinct de survie ou pour la complicité avec une organisation terroriste.

Typologie 8 : le financement par des personnes politiquement exposées : les cas recensés dans cette typologie concernent des mécanismes de financement des actes terroristes par des hommes politiques en vue d’en tirer des ressources importantes pour se positionner et se maintenir en politique, ou pour influencer la politique intérieure d’un gouvernement. Ils mettent en relief : les liens entre des opérateurs économiques et des groupes armés dont une organisation terroriste listée ; l’engagement politique desdits opérateurs économiques à risque ; le financement des actes terroristes par des acteurs politiques désireux de rentabiliser l’insécurité à des fins politiques ou financières. Ils permettent d’entrevoir la criminalisation de la politique locale dont certains acteurs sont des opérateurs économiques transfrontaliers de longue date qui ont profité de la porosité des frontières et de la corruption.

Typologie 9 : les enlèvements contre paiement des rançons : Phénomène connu et largement admis comme un mode privilégié de financement des organisations terroristes, les rançons restent cependant une énigme. Par principe ou dans les faits, la plupart des Etats ne paient pas directement les sommes d’argent qu’exigent les terroristes. L’analyse de tels cas restent donc au niveau des conjectures vraisemblables.

Typologie 10 : les embuscades et pillages : C’est ici le lieu de rappeler qu’à mesure que les effectifs de Boko Haram grossissent, les recrues sont obligées de s’autofinancer à partir du butin issu des attaques. La même observation est faite pour ce qui est de la LRA dont les actes de pillages et autres agressions sur les biens des populations de l’Est de la RCA notamment, sont nombreux.

Typologie 11 : la criminalité faunique : Cette typologie pose la problématique croissante de la criminalité environnementale. L’on est en présence de prélèvements massifs des groupes armés sur les ressources naturelles et les espèces protégées. La détermination des braconniers est à la mesure de leurs modes opératoires qui impliquent la mobilisation de petites armées et l’usage d’armes de guerre. On est en présence d’une économie criminelle financée par des ressources mobilisées à travers des actes criminels et réinvesties dans des trafics destinés à entretenir le crime organisé, dont le terrorisme.
Rapport à lire et télécharger ici : Le financement du terrorisme en Afrique Centrale

TERRORISM FINANCING IN CENTRAL AFRICA

Since independence of the countries therein, Central Africa has been one of the most unstable sub-regions of the continent. However, despite the presence of the Lord Resistance Army (LRA) in the east of the CAR since 2008, the countries remained relatively little affected by the current notion of terrorism. This situation has changed since the irruption of Boko Haram on the strategic scene of the Lake Chad Basin.
Deadly attacks by Boko Haram, which was listed as a terrorist organisation in 2014, directly concern Cameroon and Chad, with a potential risk of infiltration into the CAR. Hence this typology exercise, extended to an analysis of the context, to better develop an understanding firstly of the extension of terrorist activity in Central Africa and secondly the mechanisms for financing terrorism.

The data used to achieve this end shows that the phenomenon needs to be analysed from a holistic, cross-border perspective. A sub-regional approach is therefore required, at the level of the countries concerned, both for the intelligence of the foundations, players, actions and incidences of terrorism and for identifying the risks, trends and methods of financing. Local, mainly cross-border, social and economic models, together with the socio-political context, provide terrorist organisations with the means for networking, recruitment and self-sufficiency.

It has emerged that the most serious current terrorist threat in the sub-region comes from the religious extremism distilled by Boko Haram, taking advantage of the socio-economic problems facing young people and backwardness in terms of schooling and professional training, especially in border areas.
Boko Haram has taken advantage of the porosity of borders, knowledge of the terrain and existing social, cultural and economic interactions to recruit from social categories that are receptive to its religious discourse and the perspective of easy gains offered by the profitability of the disorder that it has just created. It has also emerged that other categories of operators have seen an opportunity for business, especially through hostages and various supplies provided for the terrorist organisation in exchange for enticing payments.

The LRA, for its part, is benefiting from the long instability in the contact zones between Central Africa and East Africa to transmigrate to the borders of States, carrying out incursions into the CAR. Little information is however available on its actual mechanisms of financing.
As regards the financing of terrorism, it is clear that although terrorist organisations receive external funding, they mainly produce their own resources. Other foreign terrorist groups raise funds in the sub-region.

Eleven typologies of established terrorist financing in Central Africa have been identified.

Typology 1: Misuse of non-profit organisations: These cases give an idea of the variety of forms of misuse to which the terrorists and their financiers submit organizations normally designed to relieve the difficulties encountered by the vulnerable layers of society.

Typology 2: Misuse of money transfer agencies: In today’s world, financial messaging is one of the weak links in the international mechanisms for combating the financing of terrorism, as it enables people not known to financial establishments (walk-in clients) to easily move money anywhere in the world. As with NPOs, transferring money to returnees, internally displaced populations and refugees outside of camps can carry risks of terrorist financing. Some indications of this have emerged from data provided by security services, which show the convergence of sending small amounts of money from Nigeria to benign people in the Extreme North of Cameroon.

Typology 3: Misuse of financial establishments: Manual exchange operations constitute one of the key vulnerabilities in terrorist financing, due largely to the use of currency in international commercial transactions (the buying of weapons) and the ease of moving large sums of money in very small volumes (use of €500 notes). This case also illustrates the vulnerabilities of the financial sector in general in these areas where business transactions with immediate neighbours and the areas for obtaining supplies of a range of goods, are rapidly expanding.

Typology 4: Illicit trafficking: This typology is essential for understanding the specificities of terrorism and its financing in the Chad Basin, as it is the centrepiece of the relation between economic traditions and criminal practice. Furthermore, it calls on States to improve their control over cross-border exchanges, involving services which are not normally associated with combating terrorist financing.

Typology 5: Financing by economic operators: As with the cases of manual currency exchange, these give an idea of the ambiguity that can cover the activities of economic operators, especially in border areas. The low number of vehicle checks and the high number of smuggling routes facilitate the trafficking of arms, which, in this case, are delivered in small quantities to Boko Haram via illegal cross-border transport operators.

Typology 6: Collecting and remitting funds: This case raises the problematic issue of the circulation of cash in the studied area. Despite the risks arising from lack of security due to the frequency of armed attacks, economic operators have continued to transport large sums of money. The fact that this money is often kept in homes makes it difficult to determine its origin and volume, or track the movements of couriers. It is chance searches, which have become routine due to Boko Haram, that lead to money hidden in goods being discovered, as is also the case with weapons and munitions

Typology 7: Extortion: This case demonstrates continuity between the methods used by organised crime and those adopted by terrorists. Between the period of wayside robberies and the emergence of terrorism in Central Africa, there was almost a decade of prosperity of kidnappings with the payment of ransoms. Despite the presence of security forces, many families have preferred to pay the ransoms as kidnappers have been known to execute a number of hostages when the money has not been paid. Unwillingly, parents are participating in the financing of organized crime and, in the aforementioned case, to the financing of Boko Haram. This applies to community leaders and families, who have faced the dilemma of giving in to the demands of Boko Haram or fleeing. Cameroon and Chadian security and legal sources have reported on this predicament of having to choose between the survival instinct or complicity with a terrorist organization.

Typology 8: Financing by politically exposed persons: These cases involve mechanisms for financing terrorist acts by politicians with a view to gaining considerable resources to position themselves and continue in politics, or to influence the internal policies of a government. They highlight: the links between economic operators and armed groups, including a listed terrorist organization; the political engagement of said economic operators at risk; denouncing of terrorist acts by politicians wishing to profit from insecurity for political or financial purposes. They provide some indication of the criminalization of local politics, where certain players are long-standing cross-border economic players who have gained from the porosity of borders and corruption.

Typology 9: Kidnapping with demands for ransom: Although a well-known phenomenon, widely acknowledged to be a preferred method of financing terrorist organisations, ransoms remain something of an enigma. By principal or in actual fact, most States do not directly pay the amounts of money demanded by terrorists. The analysis of such cases therefore remains at a level of feasible speculation.
Typology 10: Ambushes and looting: This is where it is worth remembering that as membership of Boko Haram increases, recruits are obliged to self-finance from the spoils resulting from these attacks. The same observation applies to the LRA, who frequently pillage and carry out other aggressions on the belongings of people in the East of the CAR, in particular. According to the LRA.

Typology 11: Crime involving wildlife: This typology raises the increasing problem of environmental crime. Armed groups are responsible for the widespread taking of natural resources and protected spaces. The determination of poachers is matched by their operating methods, which involve mobilizing small armies and using heavy weaponry. This is a criminal economy financed by resources raised via criminal acts and reinvested in trafficking aimed at maintaining organised crime, including terrorism.
Report to be reed and downloaded at: The financing of terrorism in Central Africa

LA FINANCIACIÓN DEL TERRORISMO EN ÁFRICA CENTRAL

África Central es una de las subregiones más inestables del continente desde las independencias. Sin embargo, a pesar de la presencia de la Lord Resistance Army (LRA) en el este de la RCA desde 2008, los países han estado poco afectados por el terrorismo tal como se percibe actualmente. Esta tendencia cambió con la irrupción de Boko Haram en la escena estratégica de la cuenca del lago Chad.
Los ataques mortíferos de esta organización, listada como terrorista en 2014, conciernen directamente a Camerún y al Chad, con riesgos potenciales de infiltración en RCA. Motivo por el cual se realiza este ejercicio de tipología ampliado al análisis del contexto, para entender mejor la extensión de las actividades terroristas en África Central por una parte y por otra, entender los mecanismos de financiación del terrorismo.

Los datos analizados para conseguirlo revelan que el fenómeno debe analizarse desde una perspectiva holística, de hecho transfronteriza. De ahí el interés de un enfoque subregional a escala de los países implicados, válido tanto para el entendimiento de los fundamentos, actores, acciones e incidencias del terrorismo como para la identificación de los riesgos, tendencias y métodos de su financiación. Los modelos económicos y sociales locales, esencialmente transfronterizos, así como el contexto sociopolítico, ofrecen a las organizaciones terroristas medios de creación de redes, de reclutamiento y de autosuficiencia.

Ha resultado que la mayor amenaza terrorista actual en la subregión procede del extremismo religioso que destila Boko Haram, que se beneficia de los problemas socioeconómicos a los que se enfrentan los jóvenes y los retrasos importantes sufridos por la escolarización y la formación profesional, especialmente en las zonas fronterizas.

Boko Haram ha sacado partido de la porosidad de las fronteras, del conocimiento del terreno y de las interacciones económicas, culturales y sociales existentes para reclutar adeptos entre las categorías sociales receptivas a su discurso religioso y a las perspectivas de beneficio fácil que ofrecía la rentabilización del desorden que acababa de crear. También ha resultado que otras categorías de operadores han visto oportunidades de negocios, especialmente mediante los secuestros y los suministros diversos entregados a la organización terrorista a cambio de pagos atractivos.

Con respecto a la LRA, se beneficia de la larga inestabilidad en las zonas de contacto entre África Central y África Oriental para transmigrar en los confines de los Estados, llevando incursiones en RCA. Pero poca información se encuentra disponible acerca de los mecanismos concretos de su financiación.
Tratándose de la financiación del terrorismo, aparece claramente que, si las organizaciones terroristas reciben fondos exteriores, producen más recursos. Otros grupos terroristas extranjeros recolectan fondos en la subregión.

Se han listado once tipologías demostradas de financiación del terrorismo en África Central.

Tipología 1: El uso abusivo de los organismos sin ánimo de lucro: Estos casos dan una idea de la variedad de las formas de abuso a las que los terroristas y sus financieros someten organizaciones diseñadas generalmente para atenuar las dificultades a las que las clases vulnerables de la sociedad se enfrentan.

Tipología 2: El uso abusivo de empresas de transferencia de fondos: La mensajería financiera representa hasta el día de hoy uno de los eslabones débiles de los dispositivos internacionales de lucha contra la financiación del terrorismo porque permite que los actores desconocidos de los establecimientos financieros (clientes ocasionales) desplacen fácilmente fondos en todo el mundo. Como con las OSAL, la transferencia de dinero a personas que han vuelto, los desplazados internos y los refugiados fuera de los campos puede conllevar riesgos de financiación del terrorismo. Algunas indicaciones en este sentido muestran datos suministrados por los servicios de seguridad que indican la convergencia de envíos de pequeñas cantidades de dinero desde Nigeria a personas anodinas en el Extremo Norte de Camerún.

Tipología 3: El uso abusivo de entidades financieras: Las operaciones de cambio manual representan una de las principales vulnerabilidades en materia de financiación del terrorismo, a causa principalmente del uso de divisas en las transacciones comerciales internacionales (compra de armas) y la facilidad de desplazar cantidades importantes en volúmenes muy reducidos (uso de billetes de 500 euros). Este caso también ilustra las vulnerabilidades del sector financiero en general en estas zonas donde las transacciones económicas con la vecindad inmediata y las zonas de abastecimiento en mercancías diversas, toman rápidamente amplitud.

Tipología 4: Los tráficos ilícitos : Esta tipología es esencial para entender las especificidades del terrorismo y su financiación en la cuenca chadiana, porque está en el centro de la relación entre tradiciones económicas y prácticas criminales. Además, interpela a los Estados para una mejor supervisión de los intercambios fronterizos con la implicación de servicios que no siempre se asocian a la lucha contra la financiación del terrorismo.

Tipología 5: La financiación por parte de operadores económicos: Al igual que el caso sobre el cambio manual, estos dan una idea de la ambigüedad que podría cubrir las actividades de los operadores económicos, especialmente en las zonas fronterizas. El bajo control de los vehículos y la multiplicidad de las carreteras de contrabando facilitan el tráfico de armas que, especialmente, se entregan en pequeñas cantidades a Boko Haram a través de los operadores ilegales del sector del transporte transfronterizo.

Tipología 6: La recolecta y la remesa de fondos: Este caso plantea el problema de la circulación de dinero en efectivo en la zona de estudio. A pesar de los riesgos soportados a causa de la inseguridad debido a la frecuencia de los ataques a mano armada, los operadores económicos han seguido transportando cantidades importantes de dinero. El hecho de que estas cantidades se conserven a menudo en el domicilio impide rastrear su origen, su volumen o seguir los movimientos de los portadores. Son registros fortuitos, sistematizados a causa de Boko Haram, que llevan a descubrir escondites de dinero en las mercancías, al igual que para las armas y las municiones.

Tipología 7: La extorsión de fondos. Estos casos revelan la continuidad entre los métodos del gran bandolerismo y los que adopta el terrorismo. Entre el periodo de los cortadores de carreteras y el de la emergencia del terrorismo en África Central, ha habido cerca de una década de prosperidad de los secuestros con pago de rescates. A pesar de la presencia de las fuerzas de seguridad, numerosas familias prefirieron pagar los rescates, porque los secuestradores ejecutaron a varios rehenes cuando el dinero esperado no se había pagado. Sin querer, los padres participan en la financiación del crimen organizado y según el caso citado anteriormente, en la financiación de Boko Haram. Esto es válido para jefes de las comunidades y de familias que entre someterse a las exigencias de Boko Haram y huir, se han tenido que enfrentar a un dilema y han elegido una u otra opción. Las fuentes judiciales y de seguridad camerunesas y chadianas han identificado este aprieto de inclinarse hacia el instinto de supervivencia o por la complicidad con una organización terrorista.

Tipología 8: La financiación por parte de personas políticamente expuestas (PPE): Estos casos conciernen mecanismos de financiación de actos terroristas por parte de personalidades políticas con el objetivo de sacar recursos importantes para posicionarse y seguir en política o para influir en la política interior de un gobierno. Ponen de relieve los vínculos entre operadores económicos y grupos armados entre los cuales se encuentra una organización terrorista listada; el compromiso político de dichos operadores económicos de riesgo; la financiación de los actos terroristas por parte de actores políticos deseosos de rentabilizar la seguridad con fines políticos o financieros. Permiten entrever la criminalización de la política local en la que participan algunos actores operadores económicos transfronterizos de hace bastante tiempo que se han beneficiado de la porosidad de las fronteras y de la corrupción.

Tipología 9: Los secuestros a cambio de pago de rescates: Fenómeno conocido y ampliamente admitido como un modo privilegiado de financiación de las organizaciones terroristas, sin embargo, los rescates siguen siendo un enigma. Por principio o en los hechos, la mayoría de los Estados no pagan directamente los importes de dinero que exigen los terroristas. El análisis de tales casos queda relegado pues a una conjetura factible.

Tipología 10: Las emboscadas y los saqueos: Aquí es donde hay que recordar que a medida que los efectivos de Boko Haram aumentan, los reclutas deben autofinanciarse con el botín de los ataques. Se ha hecho la misma observación para la LRA cuyos actos de saqueo y otras agresiones especialmente sobre los bienes de las poblaciones del este de la RCA son numerosos.

Tipología 11: La criminalidad fáunica: Esta tipología conlleva el problema creciente de la criminalidad medioambiental. Estamos en presencia de un expolio por parte los grupos armados de los recursos naturales y de las especies protegidas. La determinación de los cazadores furtivos está a la altura de sus modos operativos, que implican la movilización de pequeños ejércitos y el uso de armas de guerra. Estamos en presencia de una economía criminal financiada por recursos movilizados a través de actos criminales y reinvertidos en tráficos destinados a mantener el crimen organizado, incluido el terrorismo.
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